A l'école de l'Estaque gare , "j'écris donc je suis"

Le directeur de l'école initie les écoliers à l'écriture dès leur plus jeune âge avec des textes ambitieux qui informent les lecteurs sur leur quartier. PHOTO P.A.

Il y avait le Canard enchaîné, il y a désormais le Canard de l'Estaque qui, loin des principes satiriques du premier, se fait peu à peu sa place parmi les habitants du quartier. Instigateur de cette grande aventure, Jacques Vialle, le directeur de l'école primaire de la gare de l'Estaque fait paraître tous les trois mois un journal depuis dix ans. Toujours sous une même ligne éditoriale, "écrire des textes ambitieux et faire apprendre quelque chose aux autres", il initie les écoliers à l'écriture dès leur plus jeune âge.

À l'ouverture de ce trimestriel, le lecteur peut trouver des rubriques telles que la santé, la sécurité, les petits historiens ou encore la vie du quartier. Basées sur l'actualité locale, les pages s'orientent sur la vie extérieure à l'école. "On a voulu un journal qui soit tourné vers le quartier", raconte le directeur de l'école.

Ainsi, tout au long de leur scolarité, les élèves de l'école maternelle et primaire de l'Estaque participent à l'élaboration du journal. "Quand j'étais en moyenne section, on avait fait une sortie et tout le monde disait à la maîtresse ce qu'il avait vu et c'était elle qui écrivait", se souvient Johan. Les articles évoquent des comptes rendus de chaque rencontre ou visite effectuées par les différentes classes. Les élèves utilisent l'un des sens les plus importants pour un journaliste : l'observation.

Par la suite, les tâches sont attribuées ; individuellement ou en groupe, les enfants rédigent. "Si c'est en groupe, mieux vaut ne pas se mettre avec ses amis quand même", précise une jeune fille. Comme dans un vrai journal, un comité de rédaction est nommé à la tête du magazine. "Il choisit quels articles vont dans telle ou telle rubrique" explique Janaïs.

Afin de financer les activités des gamins et pérenniser le journal, celui-ci est vendu 3 €. Diffusé à 300 exemplaires, il est disponible sur le marché du quartier, mais aussi dans certaines librairies. "En septembre, il fêtera ses 10 ans, on organisera une grande salle de rédaction fictive dans la cour où tous les numéros seront présentés", explique Jacques.

Cette action, saluée par des prix au niveau national et académique, est félicitée par les enseignants du collège qui donnent des retours positifs sur les écrits de leurs élèves issus de cette école. La banalisation de l'écriture, premier but du journal, a donc des retombées positives. "On se sent plus à l'aise vu qu'on a l'habitude d'écrire", concluent les enfants.

La Provence.com     

Perrine Aubert

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